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Sur la route des Séfarades : voyage en Andalousie sur les traces de la mémoire juive

Un circuit à son propre rythme, sur l’héritage des séfarades en Andalousie


Vous trouverez dans cet article les informations essentielles pour découvrir de merveilleux sites sur la route des séfarades en Andalousie :


  • Quelques mots sur l’Andalousie et le mot séfarade
  • 8 sites pour se plonger dans l’histoire des séfarades en Andalousie
  • La carte de l’Andalousie avec les sites séfarades à visiter
  • Quelques liens utiles
  • Les derniers articles sur l’Andalousie authentique

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Quelques mots sur l’Andalousie et le mot séfarade


Cette fois-ci, nous laissons de côté les lieux les plus insolites en Andalousie et également la route des plus beaux villages blancs. Nous allons à la découverte d’une Andalousie séfarade et de son héritage.

Nous allons tenter de mettre en avant l’héritage culturel, architectural, spirituel et gastronomique des communautés juives d’Andalousie durant le moyen-âge.

 « Sefarad »


C’est un mot comme un joyau du monde hébraïque. C’était le nom que les Juifs donnaient à l’Espagne. L’histoire des Juifs dans la péninsule ibérique commence dans l’Hispanie romaine (entre le 5ème et le 3ème siècle avant JC).

C’est à l’époque médiévale (entre le Ve et le XVe siècle) que les Juifs ont formé l’une des communautés les plus florissantes de toute leur histoire. Cette période a couvert à la fois la domination musulmane et les royaumes catholiques.

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Voici un itinéraire, plus intime, à travers des lieux chargés de mémoire, parfois discrets mais profondément émouvants. En effet, ces communautés juives ont laissé une empreinte profonde, souvent invisible aux yeux du voyageur pressé, mais toujours présente dans les pierres, les ruelles et les traditions.

Avant de découvrir en détail les sites proposés, si vous avez 3 minutes pour une première immersion – musicale -, je vous invite à écouter le début de l’album de Yasmin Levy avec le titre « No tengo lugar ».



8 sites pour se plonger dans l’histoire des séfarades en Andalousie


Voici la proposition des 8 sites d’Andalousie à découvrir pour emprunter le chemin séfarade et vivre de belles émotions :

  • Cordoue
  • Lucena
  • Séville
  • Vejer de la Frontera
  • Malaga
  • Grenade
  • Jaen
  • Ubeda

Cordoue


Cordoue est sans doute la ville idéale pour démarrer cette route sur l’héritage séfarade en Andalousie.

Comme dans d’autres villes espagnoles, le quartier juif de Cordoue est appelé Juderia. Ce quartier existe depuis environ 1000 ans. Son origine remonte à l’époque d’Al-Andalus, lorsque Cordoue s’appelait Qurtuba. Ci-dessous, la juderia derrière la Puerta de Almodovar.


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La juderia


Le quartier de la communauté séfarade s’étend à l’intérieur des murs de la ville, de la Puerta de Almodovar à la Mezquita, et au sud jusqu’à l’Alcazar des rois catholiques. Il est composé d’une multitude de ruelles. C’est avec un certain bonheur qu’on traverse ces ruelles, en espérant même se perdre dans le temps…


Au coeur de ce quartier, la synagogue de la judería


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Elle revêt une importance particulière car c’est la seule dans cet état, datant de l’époque médiévale, qui existe encore aujourd’hui en Andalousie. Elle a été construite au XIVe siècle, en 1315. Cette synagogue est de style mudéjar.


La salle des femmes se trouve au premier étage, au-dessus du patio d’entrée. Cette synagogue, située dans la Calle de los Judios, possède de nombreuses décorations en stuc.


Il y a aussi la Plaza de Tiberiade à ne pas louper avec la statue de Maïmonide.


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Quelques mots sur ce célèbre célèbre philosophe, rabbin, théologien, législateur et juge, physicien, astronome et médecin :

  • Moshe ben Maïmon est né à Cordoue en 1135, alors sous la domination des Almoravides, une dynastie berbère. Sa famille portait le nom d’Ibn Abdallah et siégeait au tribunal rabbinique de Cordoue depuis sept générations.
  • Le nom de Maïmonide se retrouve sous différentes formes :Moshe ben Maïmon, RaMBam, acronyme de rabbi Moïse ben Maïmon, Moïse Maïmonide, Abou Imran Moussa ibn Maïmoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi

Enfin, la Casa de Sefarad présente aussi beaucoup d’intérêts.


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C’est un centre culturel et un musée de l’histoire et de la mémoire des juifs séfarades. Il dispose d’une exposition permanente. Ses activités culturelles visent à maintenir la mémoire de l’identité juive espagnole.


Pour la pause déjeuner : le restaurant Casa Mazal


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Dans ce restaurant on retrouve des plats tels que : Cuscús, Baba Ganoush, Falafels, Houmous, Tarta de almendra sefardí. Certains plats sont servis cashers, comme la « Kemia de zanahorias » ou la « Shushuka ».


Note : certains plats traditionnels andalous ont des racines séfarades comme le Puchero :  ragoût d’agneau aux pois chiches. On retrouve les beignets au miel (buñuelos, pestiños), des desserts partagés entre juifs et musulmans (que l’on retrouve aussi bien souvent au Maroc).


Lucena – La “Perle des Séfarades”


Lucena, dans la province de Cordoue occupe une place à part dans l’histoire.

En effet, Lucena, surnommée la Perla de Sefarad, était habitée à 80% par des juifs au XIème siècle. En plus de cette curiosité, la ville était indépendante administrativement. On dit que la ville était administrée presque entièrement par des rabbins et intellectuels juifs à son apogée.


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L’évolution du nom de la ville illustre parfaitement le passé historique de cette incroyable cité. Le nom vient de l’hébreu Eli ossana, אלי הושענא, qui signifie « Dieu nous garde », ou Eliossana. C’est sous ce nom que les juifs l’appelaient. Avec l’occupation musulmane, la ville prend le nom de اليشانة, Al-Yussana.


Sous Al-Andalus, il y avait une Yeshiva – académie d’études talmudiques – fréquentée par des érudits tels que Joseph ibn Migash, Judah Halevi et Maïmonide.


Note 1 : C’est Isaac Al-Fasi, un Marocain ayant passé la plus grande partie de sa vie au Maroc, qui s’exila en Andalousie en 1088 et fonda ce centre d’études talmudiques un an plus tard à Lucena.


Ci-dessous une photo de la Casa de la Mora, où l’on peut lire plusieurs écrits en ladino, souvent des expressions ou des maximes.


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Note 2 :  les chroniqueurs juifs et musulmans du moyen-âge l’appelaient la ville des juifs pour la période du IX au XIIème siècle. Pour se situer dans le temps, cette période se situe durant le califat de Cordoue et la première période des taïfas.


Ce qu’il faut voir, entre autre à Lucena : 


L’église San Mateo, une visite incontournable à Lucena.


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Cet édifice a la particularité d’être une ancienne synagogue, transformée en mosquée par les Almohades, puis en église dédiée au culte de saint Matthieu.


C’est autour de cet édifice que se situait la médina, habitée exclusivement par les juifs. Bien que les murs aient été enlevés, le tracé des rues est encore conforme à la structure de l’époque.


La nécropole juive de Lucena, un lieu incroyable à voir à Lucena


Cette nécropole n’a été découverte que récemment, en 2006, à l’occasion des travaux de construction d’une voie de contournement à l’entrée de la ville !


Une photo de l’entrée de la nécropole :


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C’est là qu’a été découverte la pierre tombale du rabbin Lactosus, un géant (pour l’époque) de 2,13 mètres. Sa pierre tombale est exposée au musée archéologique du Castillo del Moral, en ville.

Il s’agit de la plus grande nécropole juive d’Espagne et de la seule qui puisse être visitée.


Côté gastronomie à Lucena


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  • le restaurant Tresculturas : on retrouve souvent à la carte des plats à base de noix, de miel et d’aubergines, dans des classiques comme les bolos lucentinos ou la roña de habicholones.

Il ne vous reste plus qu’à vous dire ….en langue ladino : Kome kon gana !


  • la Confitería Cañadas pastelería

Elle se trouve rue El Peso, 11. On retrouve plusieurs pâtisseries telles que les oreilles d’Haman, les égyptiens et les étoiles séfarades.


Un lieu insolite : le salon de coiffure Bereshit Lucena (Peluqueria Shekinah y Bereshit). Francisco Carrasco tient un salon de coiffure mais il est aussi le président de l’association Lucena Bet Alfasi.

Le salon de coiffure se trouve rue Feria,1. Le lieu pourrait presque faire office de petit musée.


Et si vous avez l’occasion d’entendre la chorale ElíHossana :


C’est un groupe de chanteurs, uniquement a cappella, qui fait un travail absolument remarquable et qui reprend des classiques de la Renaissance, des chants de messes mozarabes, ainsi que des classiques du répertoire de chansons et mélodies séfarades.

Voici un lien vers leur site : Coro de Camara Elí Hoshaná.

Certaines chansons comme Arvoles yoran, Rahelica, Puncha Puncha ou Komo la Roza sont chantées en ladino (en langue judéo-espagnol).


La juderia et les séfarades de Séville


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La Judería de Séville est un quartier historique de la ville, situé au cœur de la vieille ville. C’est l’un des quartiers les plus anciens. C’est un quartier historique et pittoresque situé au cœur de la ville historiquement partagé entre le quartier de Santa Cruz et celui de San Bartolomé.


Cette visite sera l’occasion de découvrir et d’apprécier l’héritage séfarade de l’Espagne.


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Un peu d’histoire : 


La présence juive à Séville est attestée depuis l’époque romaine et s’est poursuivie pendant les périodes wisigothique et musulmane. 

Cependant, l’expulsion des juifs d’Al-Andalus ordonnée en 1146 a fait disparaître leur présence dans la ville pendant un long moment. A cette époque, beaucoup se réfugient dans le nord de l’Espagne.


La juderia, telle que nous la connaissons, est le quartier de la ville de Séville où la communauté juive s’est installée après la conquête de Séville par Ferdinand III de Castille en 1248 (jusqu’à son expulsion en 1492, en vertu de l’édit de Grenade des Rois Catholiques).


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Note : peu après la conquête, le roi Alfonso X accorde la conversion de quatre mosquées en synagogues. Elles correspondent aux églises actuelles de Santa María la Blanca et de San Bartolomé, à l’ancienne église de Santa Cruz et au couvent de Madre de Dios.

Je vous invite à visiter Santa María la blanca d’une beauté incroyable (ci-dessous).


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Vejer de la Frontera, sur les traces des séfarades dans un village blanc


Vejer de la Frontera, dans la province de Cadix est un village blanc d’une grande beauté. Il fait d’ailleurs partie du réseau des plus beaux villages d’Espagne. Bien entendu, dans un village les traces de séfarades sont moins importantes que dans les grandes villes.


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Arcos de las Monjas


Cependant, lors de votre passage à  Vejer il ne faut pas louper l’endroit le plus emblématique du village. Il s’agit des Arcos de las Monjas – les arcs des religieuses. On arrive au Callejón de las Monjas depuis la Calle Judería.


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Cet endroit se trouve dans l’ancien quartier juif de Vejer de la Frontera. Il s’agit d’une judería de la période du 13e au 15e siècle. L’ancien quartier juif se trouve accolé, comme c’était souvent le cas, à la muraille de l’ancienne médina.


La muraille est un trésor historique à voir à Vejer de la Frontera. A parcourir la rue entre la muraille et les maisons, on pourrait presque ressentir les temps anciens.


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Ces anciennes murailles de Vejer de la Frontera sont bien conservées et offrent d’ailleurs une agréable promenade le long de leurs remparts.


Un autre lieu à voir est l’Arco de la Puerta Cerrada – Arc de la Porte Fermée -. 


Cette porte doit son drôle de nom à l’histoire du village : Vejer a longtemps subi les attaques de pirates venus d’Afrique du Nord après la conquête. Cette porte, située dans l’ancien quartier juif, était particulièrement exposée.


Elle a fini par être murée et donc fermée ! Elle a été rouverte depuis.


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La Puerta cerrada est l’une des quatre portes qui subsistent aujourd’hui dans la muraille.


Note : cette porte a deux autres noms : Puerta del Sur et Puerta de Berbería.


L’héritage des séfarades à Malaga 


L’ancienne juderia de Malaga se trouve dans le centre ville. La communauté juive au moyen-âge vivaient, pour faire simple, entre la rue Agustín et la rue Alcazabilla.


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Dans le jardin situé en face du théâtre romain (et à côté du fameux bar El Pimpi et du musée Picasso), la vie rend hommage au philosophe et poète juif andalou Shelomo Ben Yehuda (Ibn Gabirol).


A deux minutes de la statue on peut aussi voir une petite place plaza de la Judería avec le centre de commémoration Ibn Gabirol.


Les rues du quartier juif de l’époque d’Al-Andalus nous transportent dans une autre époque. C’est un pur bonheur de se promener dans les quelques rues de ce vieux quartier.


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Grenade – Garnata-al Yahud


A Grenade, il reste très peu de l’héritage laissé par la communauté juive. 

La chose curieuse cependant est que les arabes donneront à la ville le nom de Madinat Garnata. C’est le nom d’un quartier déjà existant : Garnata-al Yahud, Grenade des juifs.


Ce quartier s’appelle aujourd’hui El Realejo et se trouve entre le fleuve Darro et l’Alhambra.


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Dans ce quartier on peut visiter depuis 2013 le Centro de la memoría Sefardí. Sur place, on découvre tout l’héritage de cette communauté, dans Grenade.


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De cette époque, les personnalités les plus importantes sont Samuel ibn Nagrelay, Moïse ibn Ezra et Yehuda ibn Tibbon


Jaen


L’ancien quartier juif de Jaen se trouve dans l’actuel quartier historique de Santa Cruz.

C’est assez curieux car il reste assez peu de choses visibles, mais les panneaux d’informations en différents endroits ainsi que l’atmosphère de ce quartier nous plongent dans l’histoire avec une certaine mélancolie et émotion.


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Vous pouvez encore respirer l’histoire en vous promenant sans but dans les rues étroites de ce quartier médiéval.


A voir dans le quartier de Santa Clara, ancien quartier de la communauté séfarade de Jaen : 


  • centre d’interprétation de la culture juive et le rôle de Jaen
  • le monastère de Santa Clara, où se trouve la synagogue qui devint l’église de Santa Cruz
  • l’église de San Andrés (qui serait également une ancienne synagogue

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  • l’église San Juan Bautista (ancienne mosquée)

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  • les bains arabes. Ces bains arabes datent du XIème siècle. Ils sont ouverts à la visite depuis quelques années. Dans ces bains arabes, juifs et chrétiens étaient autorisés à les utiliser certains jours. Ils ont été découverts au XXème siècle sous le palais de  villardompardo:

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Une anecdote sur les expressions qui ont traversé le temps (c’est le cas aussi à Lucena) à Jaen :


Vous pouvez entendre l’expression « hacer el sabado ». Il s’agit d’une expression populaire dont les origines sont liées au sabbat, qui signifie aujourd’hui faire le ménage, le grand nettoyage hebdomadaire. Aujourd’hui, on « fait le sabado » tous les jours de la semaine.

Cependant, à l’époque de l’Inquisition, il s’agissait de montrer ostensiblement que l’on ne respectait pas le sabbat en faisant le ménage le samedi.


Pour se repérer, ce petit quartier comprend les rues : Callejón del Gato (allée du chat), Calle Rostro, Calle Cruz.


Il y a aussi la Plaza de los Huérfanos (place des orphelins), où se trouve un monument dédié aux Juifs expulsés de la ville.


Au bas du monument, une double inscription en espagnol et en ladino rappelle que « les traces de ceux qui ont marché ensemble ne pourront jamais être effacées ». En ladino : « las trasas de ken anduvieron endjuntos nunca podrán ser albaldadas ».


Hasdai ibn Shaprut


Enfin, parler de la Judería de Jaen est l’occasion de mettre en lumière Hasdai ibn Shaprut.


Cet homme a eu un destin absolument extraordinaire, celui d’un médecin et diplomate juif en Al-Andalus ! De son nom complet Hasday Abu Yusuf ben Yitzhak ben Ezra ibn Shaprut est né à Jaen (Jayyān) en 915 et mort à Cordoue (Qurtuba pour l’époque).


Il sera nommé médecin du calife Abderraman III, et deviendra l’un de ses principaux conseillers. Bien qu’il n’ait jamais reçu le titre officiel de vizir (ministre), il a exercé des fonctions similaires à celles d’un ministre des affaires étrangères moderne pour les califes Abderraman III et Al-Hakem II.


Il établit des alliances entre le califat de Cordoue et d’autres puissances et est chargé de recevoir des ambassades, comme celle envoyée à Cordoue en 949 par l’empereur byzantin Constantin VII, qui apporte au calife un magnifique codex des travaux botaniques de Dioscoride, très appréciés des médecins et des naturalistes arabes. Avec l’aide d’un moine byzantin érudit nommé Nicolas, Hasdai traduit l’ouvrage en arabe.


Il fut également nommé Nasí par le calife, c’est-à-dire chef de la communauté séfarade dans le califat, jusqu’à sa mort en 975, laissant un incroyable héritage au monde entier.


Ubeda


Voici le 8ème et dernier site proposé, celui ouvert au public depuis seulement quelques années. Ubeda fait partie avec Baeza et Cordoue des trois villes andalouses inscrites au Patrimoine de l’Humanité.


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Cette ville d’une grande beauté possède le plus grand patrimoine architectural de la Renaissance en Andalousie. Mais depuis 2010 elle offre aux visiteurs un trésor à visiter, découvert par hasard : la Synagogue de Salomon.


La Synagogue de Salomon, plus connue sous le nom de la Synagogue de l’eau, est une visite incontournable à Ubeda.


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Elle est située non loin du Palacio de la Vela de los Cobos, et sa découverte récente est assez incroyable. Voici l’histoire de la découverte de la synagogue (avec quelques photos de la visite) :


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En 2007, un entrepreneur a acheté 3 vieilles maisons dans le centre d’Ubeda en vue de construire des appartements de 2 étages, un magasin au rez-de-chaussée et un parking souterrain. Les travaux de démolition de ces maisons, situées à l’angle de deux petites rues, ne pouvaient pas être réalisés avec une pelleteuse, il a donc fallu les démolir petit à petit pour enlever les gravats.


La maison du rabbin à côté de la synagogue.


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maison du rabbin accolée la synagogue

C’est alors que le miracle s’est produit : cachés derrière des murs….les murs d’une ancienne synagogue – datant du 13e siècle – et la maison du rabbin à côté de la synagogue ont été dévoilés.


Autre chose incroyable :


Lorsqu’ils ont creusé sous terre, en plus des puits, ils ont découvert une zone de terre humide. En enlevant la terre, sont apparues des marches (7 marches) et ensuite un mikveh.


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Note : C’est le seul que j’ai vu comme ça en Andalousie, avec de l’eau qui continue d’arriver, filtrée par les roches autour.


Curiosité et ironie de l’histoire : le tribunal de l’Inquisition a été installé sur une partie de cette synagogue à partir de 1478.


Ce fût, bien sûr, une période terrible pour beaucoup de gens, y compris les anoussims (juifs convertis de force au christianisme, dans ce cas). Une hypothèse locale veut que ce soit un anoussim qui se soit « débrouillé pour devenir le directeur du tribunal », afin de s’assurer que tout ce qui devait y être caché le soit.


La synagogue a été ouverte au public en 2010 et des visites de 30 minutes en petits groupes sont proposées.


Une pièce très intéressante : la galerie des femmes. Il s’agit d’un espace réservé aux femmes et aux enfants pour assister aux cérémonies religieuses :


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En conclusion de ce circuit sur la route de l’héritage séfarade en Andalousie


C’est un voyage chargé d’émotion et de beauté, et une invitation à marcher “dans les pas de ceux qui n’ont pas laissé de traces visibles, mais un héritage profond”.


Si durant votre voyage en Andalousie vous avez la chance de pouvoir voir en concert Sephardica et Emilio Villalba…..Votre voyage sera encore plus merveilleux. J’ai eu la chance de les voir lors du festival des 3 cultures de Frigiliana. Une expérience pleine d’émotions, en ladino :



Suivre la route des Séfarades, c’est faire plus qu’un voyage. C’est rendre hommage à une mémoire silencieuse mais toujours vibrante, à des hommes et des femmes qui ont contribué à faire de l’Andalousie un berceau de tolérance, de savoir et de beauté.

C’est aussi découvrir une Andalousie hors des sentiers battus, plus profonde, plus humaine.


La Carte de l’Andalousie avec les plus beaux sites séfarades à voir


Note : pour voir tous les villages il faut dézoomer la carte 🙂 . Vous pouvez le faire en cliquant sur le symbole  » –  « .


 

Voir les sites en plein écran


Quelques liens utiles




  • Pour ceux qui séjournent sur la Costa del Sol et souhaitent visiter l’Andalousie, voici 8 magnifiques visites guidées au départ de Malaga, Torremolinos, Estepona ou Benalmadena.

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